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15 Novembre 2008 - 13h43

Le G-20 proche d'un accord pour une finance plus surveillée

George W. Bush et Stephen Harper en Washington, le 15 novembre, 2008, pour le sommet G-20.THE ASSOCIATED PRESS/Evan Vucci

WASHINGTON - Les dirigeants du G-20 réunis à Washington semblaient proches d'un accord samedi sur un plan de bataille et d'alerte contre la crise économique et financière. La déclaration finale devrait appeler à un effort des gouvernements pour soutenir les économies nationales, à la coopération pour la régulation du système financier, et à la réforme de l'aide aux pays en développement.

Un premier point devrait être fait d'ici au 31 mars, avant l'organisation d'une réunion de suivi en avril 2009 à Londres, Paris ou Tokyo, après la prise de fonctions du successeur de George W. Bush à la Maison Blanche, Barack Obama, le 20 janvier, selon des sources européennes.


Commentant le fait que ce G-20 à l'initiative de l'Union européenne rassemblait les habituelles puissances économiques dominantes que sont les Etats-Unis, l'UE et le Japon, mais aussi les puissances émergentes comme la Chine et le Brésil, la chancelière allemande Angela Merkel s'est dite convaincue samedi qu'un "plan d'action" serait adopté à Washington, "démontrant ainsi la capacité de la communauté internationale à agir". "L'objectif est que tous les intervenants, tous les produits et tous les marchés soient réellement soumis à surveillance. Il ne doit pas y avoir de zone d'ombre", a-t-elle souligné.


Le président Bush, qui a accueilli ses invités vendredi soir à la Maison Blanche, a lui aussi noté des progrès au sommet mais a rappelé que beaucoup restait à faire pour sortir de la crise et a réitéré sa foi dans l'économie de marché.


Barack Obama s'est quant à lui félicité de l'organisation de ce sommet "parce que notre crise économique mondiale nécessite une réaction coordonnée mondiale", a-t-il dit lors d'une allocution radiophonique. Il n'a pas participé, comme attendu, au sommet du G-20 mais l'ex-secrétaire d'Etat Madeleine Albright et l'ancien parlementaire Jim Leach ont rencontré des dirigeants en son nom, en marge de la réunion.


Mettant l'accent sur la prévention des crises économiques à l'avenir, les dirigeants réunis à huis clos devaient s'engager à respecter un renforcement des règles comptables, notamment pour l'évaluation des actifs des sociétés, et une transparence accrue. Ils devaient adopter des mesures amenant le système financier à mieux informer investisseurs et régulateurs.


Un système d'alerte serait créé pour repérer les signaux de danger, comme l'effondrement du marché immobilier américain ou l'abus de titrisation des crédits hypothécaires, processus rapidement peu transparent qui permet de transformer les créances des banques en titres vendus à des investisseurs.


Vendredi, le Fonds monétaire international (FMI), en quelque sorte le pompier financier de la planète, et le Forum sur la stabilité financière (FSF), groupe qui comprend des représentants des banques centrales et des principaux organismes de régulation financière, ont déclaré qu'ils coopéreraient dans des "exercices d'alerte précoce" destinés à repérer les vulnérabilités.


En outre, un "collège de superviseurs" internationaux devrait être formé pour surveiller les plus grandes institutions financières de la planète et veiller à ce qu'elles ne prennent pas des risques jugés excessifs.


La préférence américaine pour une surveillance accrue des marchés financiers semblait l'emporter sur l'appel de l'Union européenne à un renforcement concret des règles de la finance mondiale dans les 100 jours suivant le sommet du G-20 de Washington.


L'UE proposait en particulier aux autres grandes puissances d'imposer rapidement une régulation "ou au moins (une) surveillance" à toutes les institutions financières. Les grands groupes financiers internationaux, les fonds spéculatifs, les agences de notation et les paradis fiscaux, dont certains sont sous le contrôle de pays européens, seraient tous concernés. Mais les économies émergentes comme la Chine et l'Inde craignent d'être bridées au moment où elles se développent.


"Nous nous engageons (...) à faire en sorte que tous les marchés, produits et acteurs financiers soient réglementés ou soumis à une supervision", dit le projet de texte final, selon un responsable du G-20 ayant requis l'anonymat.

ASSOCIATED PRESS
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