Les concessionnaires automobiles demandent à leur tour l'aide d'Ottawa
OTTAWA - Après les constructeurs automobiles, ce sont les 3500 concessionnaires automobiles du pays qui crient maintenant au secours et demandent l'aide du gouvernement fédéral.
La Corporation des associations de détaillants automobiles (CADA) demande des mesures "créatives" de la part d'Ottawa pour accroître leurs liquidités, alors que ses membres éprouvent de plus en plus de difficulté à obtenir du crédit pour financer leurs inventaires.
Le président de la CADA, Richard Gauthier, a soutenu en conférence de presse vendredi qu'il était désormais nécessaire que le gouvernement apporte une aide "imaginative et proactive" aux détaillants, particulièrement pour s'assurer qu'ils obtiennent le crédit nécessaire pour assurer la viabilité de leurs opérations.
Il s'est dit préoccupé par l'ensemble de la situation des industries automobiles américaine et canadienne qui, fortement secouées par la crise financière et le ralentissement économique, demandent à leur gouvernement respectif de voler à leur secours.
"Si on ne fait pas attention ici et si on ne prend pas de mesures proactives (...), on pourrait se faire prendre dans cet ouragan-là", a-t-il avancé.
Près de 140 000 personnes travaillent dans le secteur des détaillants automobiles.
M. Gauthier a affirmé souhaiter qu'Ottawa exprime clairement aux banques qu'elles se doivent d'aider les petites et moyennes entreprises puisque, pour l'instant, les discussions qu'il avait lui-même eues avec elles "ont tourné en rond".
"Il n'y a pas de raison d'aider les banques pour qu'elles soient plus sécuritaires et aient plus de liquidités si cet argent ne trouve pas son chemin jusqu'aux petites entreprises", a renchéri le directeur des affaires publiques de la CADA, Huw Williams.
Le banques canadiennes ont pu bénéficier d'injections de liquidités de 110 milliards $ depuis le début du mois d'octobre.
L'ironie de la chose est que les ventes d'automobiles au pays cette année se portent bien, voire même à merveille, avec 1,6 millions de voitures vendues jusqu'à présent en 2008, l'une des trois meilleures année de l'histoire.
La chute des prix des voitures a grandement contribué à ces ventes, croit la CADA, qui craint cependant que la crise financière des derniers mois envoie aux Canadiens le signal que ce n'est plus le moment d'acheter.
"Les consommateurs sont au rendez-vous. Ce qui nous préoccupe, c'est l'impact (de la crise) sur ces consommateurs, qui pourraient croire qu'il n'est plus sécuritaire d'acheter une voiture", a expliqué M. Williams.
Pendant ce temps, aux Communes, les partis d'opposition ont à nouveau accusé les conservateurs de rester les bras croisés devant les difficultés de ce secteur.
Le ministre de l'Industrie, Tony Clement, a visité Washington et Détroit cette semaine pour prendre le pouls de la crise, alors que les trois grands constructeurs (General Motors, Ford et Chrysler) demandent au Congrès américain une aide de 25 milliards $ pour leur permettre de garder la tête hors de l'eau.
Une éventuelle faillite de ces constructeurs viendrait donner le coup de grâce à l'industrie canadienne, surtout localisée en Ontario.
En Chambre, le député libéral ontarien Mark Holland s'est dit inquiet du sort des communautés qui dépendent de la santé de ces constructeurs.
"Le gouvernement conservateur n'a pas réalisé à quel point la situation était urgente et que davantage de mauvaise gestion pourrait signifier des milliers d'emplois perdus et plus de misères pour des communautés déjà souffrantes", a-t-il lancé.
Selon le néo-démocrate Peter Julian, Ottawa ne doit pas tarder à soutenir cette industrie sans toutefois lui "signer un chèque en blanc", en s'assurant qu'elle s'engage à maintenir les emplois de ses travailleurs.
Pour sa part, le bloquiste Pierre Paquette a dit souhaiter que l'aide du fédéral "oriente l'industrie vers des créneaux prometteurs", comme des véhicule moins énergivores et plus petits.
Au niveau local, les acteurs politiques ont également tenté de s'organiser pour s'assurer de l'avenir de ce secteur.
Une vingtaine de maires de municipalités ontariennes, où l'industrie automobile est prédominante, se sont rencontrés vendredi à Toronto pour une trouver une solution "faite au Canada".
Ils ont dit croire que les garanties de prêts devaient être la priorité numéro un des gouvernements et ont fait valoir qu'une absence d'aide signerait tout simplement l'arrêt de mort de l'industrie automobile au pays.














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