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2 Juillet 2009 - 16h00

Montréal redevient une destination de choix pour les producteurs de films

MONTREAL - L'annonce de la venue d'une superproduction américaine de 100 millions $ US à l'automne signale le début d'un retour en force de l'industrie cinématographique à Montréal.

Le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec, qui ne veut pas vendre la mèche sur cette production si ce n'est pour dire qu'elle se traduira par des retombées d'environ 50 millions $ US pour Montréal, confirme que plusieurs autres projets sont en négociation.


Cette reprise a été rendue possible d'une part par de nouveaux incitatifs fiscaux et une baisse du dollar canadien, mais aussi par l'entrée en vigueur, mercredi, de la Loi 32 qui a mis un terme au conflit intersyndical qui minait l'industrie depuis la fin de 2007.


Selon le commissaire du Bureau, Hans Fraikin, les incitatifs fiscaux insuffisants et le conflit intersyndical représentaient deux obstacles majeurs à la venue de grandes productions étrangères, surtout américaines.


"On avait deux obstacles au Québec qui empêchaient les gros tournages (...). En juin, on a tout réglé d'un coup, et c'est pour ça qu'on commence à être inondés d'appels", a-t-il dit jeudi en entrevue.


Les nouveaux incitatifs fiscaux offerts par le gouvernement du Québec, en vigueur depuis deux semaines, ont redonné à la province une compétitivité qu'elle avait perdue, selon M. Fraikin.


En vertu de la bonification de ces incitatifs, le crédit d'impôt de 25 pour cent, qui n'était applicable qu'aux salaires, est désormais applicable à l'ensemble des dépenses de production. De plus, il atteint 30 pour cent pour certains types de dépenses, notamment les effets spéciaux et l'animation numérique, deux domaines où le Québec possède une expertise très prisée des producteurs de cinéma.


Quant à la Loi 32, M. Fraikin souligne que le conflit de juridiction qui avait dégénéré entre les syndicats québécois et américain qui représentent les techniciens et autres employés de scène avait été catastrophique pour l'industrie.


La possibilité d'un conflit de travail était suffisante à elle seule pour éloigner les producteurs américains et la nouvelle législation, qui délimite les juridictions des organisations syndicales, vient lever cette épée de Damoclès qui pesait lourd sur l'industrie, selon M. Fraikin.


"Les employeurs (...) ont tellement de choix aujourd'hui que l'un de leurs critères essentiels, c'est la paix syndicale. S'il y a même l'ombre d'un doute qu'il n'y aura pas un environnement de travail absolument stable et paisible, ils vont ailleurs", a-t-il dit.


L'industrie bénéficie également d'un coup de pouce inattendu du taux de change, avec un dollar canadien en baisse. Hans Fraikin précise que tout le Canada en bénéficie mais que Montréal en profite davantage puisqu'elle est reconnue comme étant le lieu de production le moins coûteux en Amérique du Nord.

Par Pierre Saint-Arnaud, LA PRESSE CANADIENNE
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