Vol AF447: le Brésil met fin aux recherches de corps et débris
SAO PAULO - Près de quatre semaines après l'accident du vol Air France AF447, l'armée brésilienne a annoncé qu'elle mettait fin aux opérations de recherches en vue de retrouver des corps ou des débris dans l'océan Atlantique. En revanche, les moyens français participant aux opérations restent sur zone, notamment pour tenter de récupérer les boîtes noires de l'appareil.
Sur les 228 occupants de l'Airbus qui s'est abîmé en mer dans la nuit du 31 mai au 1er juin, seuls 51 corps ont été retrouvés par les chercheurs brésiliens et français. Plusieurs centaines de débris de l'appareil ont également été récupérés.
L'armée de l'air et la Marine brésiliennes ont justifié vendredi l'arrêt des recherches par "l'impossibilité de retrouver des survivants ou des corps, ce qui a toujours été l'axe principal de nos efforts de recherches", comme l'a expliqué le colonel Henry Munhoz, de l'armée de l'air brésilienne, lors d'une conférence de presse.
La recherche des deux boîtes noires -l'enregistreur des données de vol et l'enregistreur des conversations dans le cockpit-va cependant se poursuivre pendant au moins deux semaines, même si les signaux émis par les balises de ces boîtes s'affaiblissent après une trentaine de jours, a affirmé vendredi un colonel américain participant aux recherches.
"Le 1er juillet, nous aurons une meilleure idée de la durée que nous consacrerons encore aux recherches (des boîtes noires)", a déclaré le colonel Willie Berges, de l'US Air Force, qui se trouve au Brésil pour diriger les forces militaires américaines participant aux recherches. Il a ajouté qu'il reviendrait aux Français et aux Brésiliens de prendre la décision finale sur la fin des recherches.
Le colonel Berges a précisé que les recherches des boîtes noires se poursuivraient probablement 12 à 15 jours après le cap des 30 jours suivant le crash, soit jusqu'au 12 ou 15 juillet.
"Tous les moyens français sur zone restent mobilisés", a pour sa part assuré samedi matin le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées françaises. Selon lui, la décision d'un éventuel arrêt des recherches des deux enregistreurs "ne pourra être prise que par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA)", qui est en charge de l'enquête technique et supervise ces opérations.
A ce jour, aucun signal émanant des boîtes noires de l'Airbus A330-200 accidenté n'a été officiellement validé par les enquêteurs français. Le BEA prévoit de présenter un "premier rapport factuel" le 2 juillet prochain.
Côté français, comme l'a rappelé le capitaine de vaisseau Prazuck, la recherche des boîtes noires mobilise le sous-marin nucléaire "Emeraude", deux remorqueurs de haute mer, sur lesquels ont été montés des systèmes de détection de signaux de la Marine américaine, et le navire d'exploration sous-marine "Pourquoi pas", doté d'un sous-marin et d'un robot. Ces bâtiments, auxquels s'ajoutent les navires "Mistral" et "Ventôse" de la Marine, sillonnent une zone de recherche d'un rayon de quelque 80 kilomètres autour du lieu présumé du crash.
Selon les spécialistes, le signal électronique émis par les boîtes noires peut être entendu dans un rayon de deux kilomètres.





