National
21 février 2008
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Le groupe, dont fait partie l'ancien ambassadeur des Etats-Unis au Canada, Paul Cellucci, avance que les deux pays devraient coopérer à tous les niveaux, que ce soit pour les missions de recherche et sauvetage ou la gestion environnementale, en passant par la construction de nouveaux brise-glaces.
"Aucun de nous ne veut d'un gigantesque déversement pétrolier le long de ses côtes arctiques", a déclaré Scott Borgerson, l'un des 13 signataires du rapport et membre du très influent Council on Foreign Relations américain.
Une entente avec les Etats-Unis, peu importe la forme qu'elle prendra, est à la fois inévitable et souhaitable, estime quant à lui Rob Huebert, du Centre d'études stratégiques et militaires de l'Université de Calgary.
"Le Canada pourrait alors commencer à planifier sans s'inquiéter d'être défié par les Etats-Unis dès que survient un événement dans le Nord", a-t-il expliqué.
Le groupe a fait parvenir une liste de neuf recommandations au gouvernement des deux pays. Le groupe suggère notamment de développer conjointement les règles d'interception des navires dans cette zone et d'établir les normes de navigation, environnementale et de sécurité.
Ils demandent également aux deux Etats de coopérer dans les domaines de l'immigration, de la recherche et sauvetage ainsi que de la surveillance.
Ces penseurs recommandent aussi la création d'une commission de navigation dans l'Arctique afin de répondre aux inquiétudes grandissantes au sujet des eaux nordiques. Cette nouvelle commission s'apparenterait à la Commission mixte internationale, qui a pour mission d'aider à prévenir et à résoudre les conflits relatifs à l'utilisation et à la qualité des eaux limitrophes.
Les autorités canado-américaines devraient également "maximiser les opportunités de partage de risques" dans la construction de nouveaux brise-glaces, comme c'est le cas dans les Grands Lacs, note le rapport.
Les membres du groupe s'entendent toutefois pour dire que de régler cette question de souveraineté représentera un défi politique pour les deux gouvernements. Le Canada voit l'Arctique comme lui appartenant de façon naturelle et les Etats-Unis ne veulent pas voir leurs activités dans les eaux arctiques restreintes, de peur qu'un précédent s'appliquant aux détroits présentement considérés comme des eaux internationales ne soit créé.
Pour M. Cellucci, les deux pays ont de bons arguments en leur faveur, mais ça ne devrait pas les empêcher de s'entendre immédiatement sur les questions pratiques, surtout que la fonte des glaciers ouvre les eaux arctiques à un traffic maritime accru.