National
04 avril 2008
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Le gouvernement veut ainsi laisser une dernière chance à la négociation avec les dentistes, qui se poursuivra tout le week-end.
Si les négociations échouent, Québec interviendra avec son décret lundi.
Vendredi, Québec a déposé une nouvelle contreproposition, qui a été aussitôt analysée par le comité exécutif de l'Association des chirurgiens-dentistes du Québec.
Samedi, ce sera au tour du conseil d'administration de l'association de se prononcer et de voir si l'offre est suffisamment intéressante pour la soumettre au vote des 3500 membres. Le cas échéant, une assemblée générale sera convoquée.
Le décret définira le mécanisme en vertu duquel les deux clientèles visées - enfants et assistés sociaux - pourront se rendre chez le dentiste sans devoir payer un sou.
Au cabinet du ministre de la Santé, Philippe Couillard, on indiquait, vendredi, que les progrès "considérables" accomplis durant la semaine à la table de négociations laissent croire qu'un règlement pourrait être imminent.
C'est pourquoi le ministre a pris le risque de suspendre l'adoption du décret.
Le décret en préparation, qui vaudra pour 90 jours, permettra à la Régie de l'assurance maladie (RAMQ) d'acquitter les factures de dentistes des deux groupes visés.
Bien qu'ils n'auront pas à débourser d'argent, les patients devront tout de même assumer toute la démarche de remboursement, à première vue laborieuse.
Ainsi, après un traitement, le dentiste désengagé remettra une facture au patient. Ce dernier devra l'expédier à la régie, qui lui enverra un chèque. Le patient devra par la suite expédier le chèque à son dentiste.
Si le décret est adopté, les dentistes se feront payer par Québec au tarif en vigueur actuellement.
Pour ne pas nuire au processus de négociations, les deux parties ont refusé les demandes d'entrevues vendredi.
Chaque année, Québec verse environ 100 millions $ en rémunération aux dentistes pour acquitter les soins dentaires fournis gratuitement aux enfants et aux assistés sociaux.
En guise de moyen de pression pour faire avancer la négociation, qui piétine depuis cinq ans, les dentistes ont décidé de se désaffilier de la RAMQ la semaine dernière, donc de ne plus soigner gratuitement ces clientèles.
Les dentistes jugent que le tarif que leur verse Québec pour traiter ces deux clientèles - environ 10 pour cent de leur revenu - est inacceptable.
D'offre en contre-offre, Québec a fini par consentir à faire passer de 26 pour cent à 40 pour cent l'augmentation tarifaire (répartie sur plusieurs années) pour les soins à ces deux groupes de patients.
Mais l'association des dentistes juge que c'est nettement insuffisant, puisque cela ne tient pas compte des frais d'exploitation des cliniques dentaires dans la structure des tarifs.
En clair, selon sa version des faits, l'augmentation de tarif représenterait 3 pour cent par année, alors que les frais d'exploitation des dentistes augmentent de 3,5 pour cent par année.