International
20 avril 2008
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Le gouvernement irakien "a fait le choix de poursuivre les milices et en assume les conséquences", a déclaré Mme Rice après avoir rencontré les principaux dirigeants du pays. D'après elle, il y a "ici une très grande occasion politique. Ils doivent la saisir".
Sa visite n'avait pas été annoncée à l'avance, pour des raisons de sécurité, comme c'est l'habitude pour les hauts dignitaires américains. Peu après son arrivée, Mme Rice a rencontré le Premier ministre Nouri al-Maliki, le président kurde Jalal Talabani et d'autres dirigeants du pays.
Elle a également rendu hommage aux Américains tués dans la "Zone verte" à Bagdad, un secteur sous haute surveillance qui abrite l'ambassade des Etats-Unis et la majeure partie des bureaux du gouvernement irakien.
Pendant son entretien avec Mme Rice, Nouri al-Maliki a affirmé que les offensives menées par les troupes irakiennes à Bassorah montraient la détermination du gouvernement à lutter contre les milices chiites dans la deuxième ville du pays, selon un communiqué des services du Premier ministre.
"Nous vivons le printemps politique irakien", a déclaré pour sa part à Mme Rice le président Talabani.
Dans le nord du pays, les troupes américaines et irakiennes ont intensifié les opérations de sécurité à Mossoul, une ville qui serait un des derniers bastions urbains d'Al-Qaïda en Irak.
Nouri al-Maliki a dit à Mme Rice que les forces gouvernementales s'apprêtaient à mettre un terme à leur bataille contre les terroristes à Mossoul dans les jours qui viennent.
La secrétaire d'Etat américaine a expliqué qu'elle était venue en Irak pour promouvoir les nouveaux soutiens apportés par des représentants sunnites et kurdes au gouvernement irakien.
Mme Rice et le chef du gouvernement irakien ont aussi eu un entretien avec le commandant américain en Irak, le général David Petraeus, et l'ambassadeur des Etats-Unis Ryan Crocker.
La secrétaire d'Etat américaine, qui s'est envolée samedi de Washington pour la région, est attendue lundi à Bahreïn pour des entretiens avec les ministres du Conseil de coopération de Golfe, de l'Egypte et de la Jordanie, puis mardi au Koweït pour la troisième conférence ministérielle élargie des pays voisins de l'Irak.
Parallèlement à sa visite, dans la matinée, des hommes armés ont attaqué un poste de contrôle américain à Sadr City, à Bagdad. Les soldats américains ont répliqué, tuant sept miliciens, puis deux snipers irakiens qui leur tiraient dessus depuis un toit, selon un porte-parole de l'armée américaine, le colonel Steve Stover.
Trois autres miliciens ont été tués alors qu'ils essayaient de poser des bombes au bord de routes dans d'autres endroits de Sadr City.
Selon le colonel Stover, les troupes américaines ont aussi affronté des miliciens dans d'autres quartiers de Bagdad, mais ces combats n'auraient pas fait de morts.
Ces nouveaux affrontements intervenaient quelques heures après la mise en garde de l'imam chiite radical Moqtada al-Sadr, qui a promis la "guerre ouverte" si le gouvernement ne mettait pas un terme aux opérations contre son Armée du Mahdi.
Par ailleurs, le président irakien a annoncé que le principal bloc politique sunnite d'Irak allait rejoindre la coalition au pouvoir, à majorité chiite, neuf mois après avoir quitté le gouvernement. Selon Jalal Talabani, le Front de la concorde a déjà soumis une liste de possibles ministres au Premier ministre Nouri al-Maliki. Il a déclaré que cette démarche représentait une étape importante vers "la réconciliation et l'unité nationales".