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22 avril 2008

National | Mardi 22 avr 2008 | 14:29

Les étudiants de l'Université d'Ottawa dénoncent le code de conduite proposé

Par Geneviève Lasalle, LA PRESSE CANADIENNE

OTTAWA "On décode!". Le slogan est clair. Les étudiants de l'Université d'Ottawa rejettent fermement le code de conduite proposé par la direction et comptent prendre les grands moyens afin d'empêcher son adoption.

Quelque 1700 personnes ont déjà signé une pétition contre le document et une coalition planifie une manifestation pour vendredi, sur le terrain de l'institution.

La porte-parole du groupe, Mireille Gervais, propose ainsi aux étudiants de venir célébrer leurs "derniers jours de liberté".

S'il est adopté, le code imposerait entre autres des pénalités aux personnes qui "perturbent les activités de l'université", "possèdent une arme", "ont une conduite déplacée" ou "dorment sur la propriété de l'université".

Les sanctions envisagées vont jusqu'à la révocation de bourses, à la suspension et à l'expulsion des contrevenants.

Selon les étudiants, les dispositions du code laissent une large place à l'interprétation en plus de brimer la liberté d'expression.

La coalition a déjà fait connaître ses revendications. Outre l'abolition définitive du code, elle demande la nomination d'un ombudsman et veut l'adoption d'une charte des droits des étudiants.

Le vice-recteur Robert Major souligne que le code s'inspire de documents semblables en vigueur dans une dizaine d'universités canadiennes.

Selon lui, il est nécessaire que les établissements d'enseignement se munissent d'une réglementation pouvant pénaliser des gestes inacceptables.

Il rappelle que deux étudiants en droit ont déjà tiré sur une foule avec des fusils à air comprimé, il y a quelques années alors que l'université n'avait pas de politique pour les sanctionner.

A son avis, rien dans le code ne vient compromettre le droit qu'ont les étudiants de se rencontrer ou d'organiser des manifestations légales et rien ne vient inhiber le droit de parole.

Il ajoute que le document n'est pas là pour faciliter la vie de l'administration, mais plutôt pour faire en sorte que la population étudiante puisse travailler dans un milieu respectueux qui favorise le développement intellectuel.