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13 mai 2008

National | Mardi 13 mai 2008 | 20:17

Un général canadien à la retraite compare le Canada et les Etats-Unis à Al-Qaïda

ASSOCIATED PRESS

OTTAWA - L'ancien commandant de l'ONU au Rwanda a assimilé mardi les Etats-Unis et le Canada à Al-Qaïda pour le traitement que ces deux pays ont réservé à un jeune Canadien détenu à Guantanamo.

Le général canadien à la retraite Roméo Dallaire, qui a critiqué par le passé les responsables internationaux pour n'avoir pas réussi à stopper le génocide rwandais en 1994, a accusé mardi, lors d'une audience devant le gouvernement canadien sur le cas d'Omar Khadr, les Etats-Unis et le Canada d'avoir violé les conventions internationales sur les droits de l'Homme.

"Dès lors que vous commencez à jouer avec les droits humains, avec les conventions, avec les libertés civiles en disant que vous le faites pour vous protéger et dès lors que vous allez contre ces droits et conventions, vous n'êtes pas meilleur que celui qui n'y croit pas du tout", a-t-il dénoncé.

Le jeune Canadien Omar Khadr, âgé de 21 ans, est accusé d'avoir lancé une grenade qui a tué un soldat en Afghanistan en 2002. Il n'avait que 15 ans à l'époque des faits, mais en vertu de la loi militaire américaine, il sera jugé au même titre qu'un adulte. Des voix critiques s'élèvent pour dénoncer une décision qui selon elles viole la loi internationale sur le traitement des enfants-soldats.

Dallaire, qui exerce aujourd'hui en tant que sénateur libéral au Canada, a déclaré devant un comité parlementaire que Khadr était une victime et devrait être réhabilité et réintégré dans la société plutôt que d'être jugé par un tribunal qu'il a qualifié d'illégal.

Pour lui, le cas de Khadr démontre l'équivalence morale du Canada, des Etats-Unis et d'Al-Qaïda.

Dallaire occupait le poste de commandant des forces de l'ONU au Rwanda pendant le génocide qui a vu les extrémistes hutus assassiner plus de 500.000 Tutsis et Hutus modérés. A l'époque, il avait tiré à plusieurs reprises la sonnette d'alarme sur l'imminence du massacre dans la capitale rwandaise Kigali et avait réclamé des renforts de troupes pour empêcher le génocide, mais s'était vu refuser toute aide supplémentaire.