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L'attention sera portée sur les libéraux à la reprise des travaux

National | Dimanche 30 mar 2008 | 13:53

L'attention sera portée sur les libéraux à la reprise des travaux

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Par Isabelle Rodrigue, LA PRESSE CANADIENNE

OTTAWA - Le caucus libéral prendra officiellement du poids, lundi, avec l'arrivée de trois nouveaux députés, mais cet ajout ne semble pas faire pencher la balance et pousser le chef libéral Stéphane Dion à renverser le gouvernement minoritaire conservateur.

Après deux semaines de pause des travaux parlementaires, les députés fédéraux reviennent aux Communes où, à défaut de débats passionnés sur un projet de loi du gouvernement, les yeux se tourneront vers les banquettes de l'opposition, et plus particulièrement sur les libéraux.

M. Dion devra maintenir la discipline au sein de son caucus de plus en plus inquiet de la situation du parti et critique envers son chef. L'arrivée de Bob Rae, élu lors des élections complémentaires du 17 mars, ne viendra pas simplifier les choses. M. Dion devra tenir en laisse ses deux adversaires de la course au leadership, M. Rae et son collègue Michael Ignatieff, qui gardent espoir de lui succéder à la tête du parti.

En parallèle, M. Dion devra piloter son parti aux Communes. Ce sont les trois partis d'opposition qui détermineront l'ordre du jour dès le départ puisqu'ils disposeront chacun d'une journée d'opposition d'ici mercredi.

Et bien que les libéraux détiennent la clé du déclenchement des élections, ce n'est pas cette fois encore qu'ils saisiront l'occasion pour présenter une motion de censure envers le gouvernement et plonger le pays en campagne électorale.

M. Dion, dont les troupes s'abstiennent depuis l'automne de se prononcer lors de votes cruciaux qui pourraient provoquer des élections, n'apparaît pas très pressé d'en découdre avec ses adversaires dans le cadre d'une campagne électorale.

"On déterminera le moment de l'élection quand on aura les meilleures chances de gagner, quand on sentira que les Canadiens sont à l'écoute", a déclaré M. Dion, dimanche, lors d'une entrevue à l'émission Larocque-Lapierre, diffusée sur les ondes de TVA.

Il ne veut pas pour autant affirmer clairement qu'il n'y aura pas d'élection ce printemps.

Si les libéraux conservent bel et bien leur stratégie adoptée au cours des derniers mois, l'atmosphère aux Communes risque peu de s'améliorer. Le débat sur la mission canadienne en Afghanistan et celui sur le budget sont choses du passé; il reste donc par exemple des mesures sur la justice criminelle et la réforme du Sénat.

Le gouvernement conservateur, qui ne croyait pas survivre aussi longtemps, peine à déposer des projets de loi significatifs et à proposer de nouvelles idées qui insuffleraient un peu d'énergie. Il aimerait plutôt se retrouver en campagne électorale, et fait tout pour placer des obstacles que les libéraux s'évertuent à faire disparaître aussitôt en refusant de s'opposer.

Le prochain obstacle sera le projet de loi sur la mise en oeuvre du budget, qui comporte des modifications à la Loi sur l'immigration. Les changements proposés, qui donneraient plus de pouvoirs discrétionnaires à la ministre de l'Immigration, sont contestés par les trois partis d'opposition qui réclament que la mesure soit présentée dans un projet de loi distinct.

Sinon, qu'on s'oppose carrément au projet de loi et qu'on se retrouve en élections, soutiennent le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD).

"On ne changera pas notre approche sur les votes sur le budget, fait valoir le chef néo-démocrate, Jack Layton. En fait, lorsqu'on découvre qu'on cache des choses dans le projet de loi du budget comme les changements à l'immigration, ça nous pousse encore plus à s'opposer à la direction que les conservateurs de Harper donnent à ce pays."

Mais les libéraux, qui dénoncent l'approche des conservateurs, hésitent à aller jusqu'au bout et à dire qu'ils sont prêts à défaire le gouvernement sur cette question.

Pour le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette, c'est là un autre exemple du climat "malsain" des Communes.

"Si les libéraux sont contre, il va falloir un moment donné qu'ils soient conséquents avec eux-mêmes. On ne va quand même pas pénaliser des milliers de personnes indéfiniment, sur toutes sortes de sujets, parce que le Parti libéral ne sent pas prêt et que son chef n'est pas bien en selle", lâche M. Paquette en entrevue.

Il croit que M. Dion doit maintenant agir en vraie opposition officielle, sinon les conservateurs continueront "d'utiliser la faiblesse des libéraux" pour faire adopter des mesures qui seraient en temps normal défaites.

Même le leader parlementaire du gouvernement, Peter Van Loan, ne cache pas que cette stratégie des conservateurs a du succès pour l'adoption des projets de loi. "Là où on a eu le plus de succès, c'est sur des projets de loi qui étaient des votes de confiance", dit M. Van Loan.

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