Corus Info690 Ckac Sports Ckoi 985fm Info800
Corus Nouvelles, l'actualité en temps réel

Carte du site

International
Accueil / International

Cuba: la vieille garde s'accroche au pouvoir

International | Lundi 25 fév 2008 | 09:13

Cuba: la vieille garde s'accroche au pouvoir

» Options
» Taille du texte
Taille par defaut 12pt 14pt

Par Will Weissert, ASSOCIATED PRESS--

LA HAVANE - La jeune garde cubaine devra encore attendre son heure. Après un demi-siècle de règne de Fidel Castro, le nouvel organigramme du régime envoie un message clair dans l'île et surtout vers l'extérieur: à travers Raul Castro et les vieux caciques maintenus aux postes-clés, la ligne communiste reste d'actualité. En bref, le changement dans la continuité.

Réunie pour la première fois depuis son élection en janvier, l'Assemblée nationale a désigné dimanche les membres du Conseil d'Etat, organe dirigeant du pays, et en son sein les huit postes éminents de président, premier vice-président, des cinq vice-présidents et de secrétaire.


Si Raul Castro, 76 ans, dauphin désigné de son frère, a accédé comme prévu au poste de numéro un du régime, fonction qu'il occupait déjà par intérim depuis l'été 2006, la seule vraie surprise est venue du poste de premier vice-président du Conseil d'Etat: il est revenu contre toute attente à José Ramon Machado, 77 ans, figure historique de la révolution cubaine et idéologue du Parti communiste.


Le grand favori pour ce poste de successeur constitutionnel de Raul Castro était Carlos Lage, "petit jeune" de 56 ans, qui finalement reste simple vice-président et secrétaire du Conseil des ministres, de fait chef du gouvernement. Lage, associé aux modestes réformes économiques des années 90, était l'un des hiérarques les plus présents depuis la grave opération intestinale de Fidel Castro qui l'avait contraint à se mettre en retrait du pouvoir en juillet 2006.


A l'image de Lage, la nouvelle garde devra encore patienter. La moyenne d'âge des huit principaux dirigeants du Conseil d'Etat remanié dimanche approche les... 71 ans. Outre Raul Castro et Jose Ramon Machado, un autre haut dignitaire se distingue: le général Julio Casas Reguiero, 72 ans, l'un des cinq vice-présidents, succède sans surprise à Raul Castro au poste très influent de ministre de la Défense.


Dans son discours d'investiture, le nouveau président n'a guère laissé d'espoir à ceux qui attendaient une rupture avec l'ère Fidel: l'ex-Lider Maximo, qui garde officiellement les titres de chef du Parti communiste cubain et de "commandant en chef", continuera d'être consulté sur toutes les décisions importantes et, surtout, le PCC restera la clé de voûte du régime et même reprendra collectivement le rôle effectif joué par Fidel Castro à sa tête.


Le PCC est "le digne héritier de la confiance que le peuple a placée dans son leader (Fidel)", a déclaré Raul Castro dans ce discours. Quant à son frère, malgré ses 81 ans et son état de santé dégradé, il le dit "irremplaçable".


L'ouverture du régime et la transition vers plus de démocratie sont donc, elles aussi, reportées à plus tard. Raul Castro, qui avait pourtant parlé durant son intérim de "changements structurels" souhaitables, a laissé entendre dimanche qu'aucune réforme politique ou économique majeure n'était à l'ordre du jour dans un avenir proche. Seule évolution envisagée: la réévaluation du peso cubain.


A trois reprises ces derniers mois, Raul Castro avait également évoqué publiquement sa volonté d'améliorer les relations de Cuba avec les Etats-Unis via un processus de négociations bilatérales. Il n'en a rien dit dimanche et sera donc jugé à ses actes. Même si la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a déjà critiqué la processus de succession cubain et appelé à la libération de tous les prisonniers politiques.


Ceux qui s'attendaient à des changements radicaux, a conclu Raul Castro, "négligeaient le fait qu'il s'agissait de débat et de critique à l'intérieur du socialisme".

Envoyer Envoyer Imprimer Imprimer Emplacement