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International | Vendredi 09 mai 2008 | 19:04La gouverneure générale termine à Bordeaux sa visite en France |
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Par Michel Dolbec, LA PRESSE CANADIENNE
BORDEAUX, France - La gouverneure générale Michaëlle Jean met un terme samedi à Bordeaux à une visite officielle en France marquée, côté français, par un accueil extrêmement chaleureux et, côté québécois, par une vive polémique sur la présence de la "représentante de la reine d'Angleterre" à l'inauguration du volet français des fêtes du 400e anniversaire de Québec. Pour conclure ce voyage, Mme Jean participe à la Journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition, instituée il y a trois ans. La date du 10 mai a été retenue en référence au jour où a été adoptée, en 2001, la loi reconnaissant que la "traite négrière transatlantique et l'esclavage" constituaient un crime contre l'humanité.
Avant d'assister à une cérémonie sur les bords de la Garonne, la gouverneure générale et son époux prendront part à une table ronde sur le thème "De l'abolition de l'esclavage à la diversité culturelle: se souvenir pour mieux dialoguer", avec des universitaires et des écrivains canadiens et français.
Descendante d'esclaves, la gouverneure générale a laissé entendre à plusieurs reprises pendant son voyage qu'elle s'attendait à vivre à Bordeaux un moment d'intense émotion.
"Il faut en parler de manière constructive (de l'esclavage), non pas pour en découdre, mais pour dire: 'voilà, nous avons traversé ce chapitre sombre de l'histoire. Nous sommes maintenant ensemble, debout'. Comment peut-on réfléchir à la suite de cet épisode qui a empoisonné nos rapports?", a expliqué vendredi Mme Jean.
Contrairement à son prédécesseur Jacques Chirac, le président français Nicolas Sarkozy et son entourage ne sont pas très portés sur la "repentance". Le maire Alain Juppé, qui offrait un dîner en l'honneur de la gouverneure générale vendredi à l'Hôtel de ville de Bordeaux, s'est d'ailleurs félicité de voir que la démarche de Michaëlle Jean n'était pas celle "de la remontrance et du remords", mais plutôt une recherche de la vérité.
Arrivée à Bordeaux en milieu d'après-midi, Mme Jean avait commencé la journée à La Rochelle, où elle a eu un entretien d'environ une heure avec Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes et candidate socialiste à la dernière élection présidentielle.
Il s'agissait de leur cinquième rencontre. La veille, elles avaient notamment assisté, ensemble, au lancement des fêtes françaises du 400e de Québec, dans une ville pavoisée aux couleurs du Québec (et non pas du Canada) pour le départ de la Grande traversée, cette flottille de 45 voiliers qui va rallier la Vieille Capitale le 24 juin prochain.
Pendant leur dernier entretien, les deux femmes ont notamment discuté de la situation internationale, des tensions au Liban, de l'Afghanistan et de la crise humanitaire provoquée par le cyclone en Birmanie, ont-elles indiqué.
La gouverneure générale est "une source d'inspiration, bien sûr, parce qu'elle connaît les enjeux", a dit la socialiste, en évoquant "des liens d'amitié profonds", une "compréhension mutuelle" et des "valeurs de civilisation" communes à la France et au Canada.
"Je crois que c'est en s'ouvrant sur les intelligences des autres que nous pouvons trouver des solutions pour maîtriser les fureurs, les rages dans lesquelles le monde s'enfonce dans certaines de ses parties", a déclaré Mme Royal.
De son côté, la délégation québécoise du 400e a quitté La Rochelle au milieu de la journée. "On peut dire mission accomplie", ont lancé d'une même voix le patron du 400e, Daniel Gélinas, et le chef autochtone Max Gros-Louis.
"Pour nous, c'est le début. On avait besoin d'un moment fort comme celui-là pour relancer l'intérêt", s'est réjoui de son côté le maire Régis Labeaume, furieux en revanche que les "politiciens" lui aient un peu gâché son plaisir en alimentant la polémique sur la présence à La Rochelle de Michaëlle Jean.
"Au moment où j'avais sous les yeux le spectacle du Bellem (un trois mâts vieux de trois siècles), les journalistes m'appelaient sur mon portable, a raconté le maire. J'étais en colère, parce que je n'avais pas le goût de parler de ça. Les politiciens, ça les sert peut-être cette affaire-là. Pour moi, c'est juste triste. On est dans l'Histoire et dans la Mémoire, mais à Québec, on retombe dans nos petites affaires qu'on alimente depuis 30 ou 40 ans."
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