Corus Info690 Ckac Sports Ckoi 985fm Info800
Corus Nouvelles, l'actualité en temps réel

Carte du site

National
Accueil / National

La GRC confirme qu'elle connaissait Julie Couillard avant l'affaire Bernier

National | Mardi 10 jun 2008 | 19:38

La GRC confirme qu'elle connaissait Julie Couillard avant l'affaire Bernier

» Options
» Taille du texte
Taille par defaut 12pt 14pt

Par Isabelle Rodrigue, LA PRESSE CANADIENNE

OTTAWA - Avant de se retrouver en manchette de plusieurs journaux à la suite de sa relation avec l'ancien ministre Maxime Bernier, Julie Couillard était connue de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a confirmé pour la première fois un représentant du service de police fédéral.

C'est ce qu'a admis Raf Souccar, sous-commissaire de la GRC, devant le comité parlementaire de la sécurité publique qui commençait mardi son étude de toute l'affaire entourant M. Bernier et son ex-petite amie qui a fréquenté dans le passé des membres de groupes criminels organisés.

Mais c'est à peu près tout ce qui a pu ressortir des nombreuses questions des députés d'opposition aux deux officiers de la GRC présents. Ces derniers ont refusé de donner des détails afin, ont-ils fait valoir, de protéger le droit à la vie privée et de ne pas nuire à une éventuelle enquête.

Ainsi, la GRC n'a pas voulu préciser ce que voulait dire exactement "connaître" une personne, dans son langage.

"La GRC ne veut pas nuire à la réputation de quiconque. (...) Il serait inapproprié de notre part de dévoiler des détails d'une possible enquête en cours ou d'une enquête à venir", a insisté Bob Paulson, commissaire adjoint des enquêtes criminelles relatives à la sécurité nationale, lors d'une mêlée de presse après la réunion du comité.

Les députés ont donc dû lire entre les lignes et user de plusieurs scénarios hypothétiques pour soutirer bien peu d'informations des représentants de la GRC qui les avaient mis en garde, d'entrée de jeu, qu'ils refuseraient de commenter directement le cas de l'ancien ministre Maxime Bernier.

Cette attitude a eu pour effet de susciter un peu d'exaspération de la part des partis d'opposition, qui s'attendaient à cette situation mais auraient souhaité tout de même un peu plus de collaboration.

Au terme de la réunion, le député du Bloc québécois, Serge Ménard, concluait que si la GRC n'avait rien voulu confirmer sur le cas particulier de Mme Couillard et M. Bernier, la force policière n'avait rien infirmé pour autant.

"La GRC, en termes très sibyllins, a fini par nous dire ce dont on était sûr dès le départ", a résumé M. Ménard, qui connaît bien, à tire d'ancien ministre québécois de la Sécurité publique, ce milieu.

A son avis, il ne fait plus de doute que Mme Couillard se retrouvait dans les banques de données de renseignements criminels des autorités policières. Ces banques de données regroupent les personnes sans casier judiciaire et permettent de faire des liens entre des individus reliés au crime organisé.

En aucun cas la GRC n'a cependant confirmé cette information.

Pendant une heure, les deux officiers de la GRC ont surtout tenté d'expliquer la procédure et leur rôle dans la vérification des antécédents pour un poste de ministre ou dans la vérification liée à une attestation de sécurité.

Si une lumière rouge venait à apparaître lors d'une vérification des antécédents pour un ministre, la GRC pourrait décider de porter le dossier à l'attention du bureau du Conseil privé, ont expliqué les deux officiers.

Alors, dans le cas hypothétique où la GRC apprenait que la conjointe d'un ministre a fréquenté dans un passé assez récent des membres de gangs criminels, est-ce que ce serait pertinent de la part de la GRC de pousser un peu plus loin l'affaire?, a demandé le libéral Ujjal Dosanjh.

"Ce serait pertinent", a admis M. Souccar.

L'ancienne copine de Maxime Bernier a fréquenté, jusqu'en 2005, des individus ayant des liens avec les motards criminels. Elle a même été mariée pendant une brève période à un membre du club école des Hells Angels, les Rock Machines.

Lorsque cette information est devenue publique, il y a un mois, le gouvernement conservateur a soutenu que la relation entre Mme Couillard et M. Bernier était de nature privée.

Mais lorsque la femme de 38 ans a révélé que l'ancien ministre avait laissé traîner pendant au moins cinq semaines des documents classés confidentiels à son domicile, M. Bernier a perdu son poste. Malgré tout, le premier ministre Stephen Harper a continué de soutenir que c'est seulement cette gaffe qui a coulé M. Bernier et que sa démission n'avait rien à voir avec sa relation avec Mme Couillard ou le passé de cette dernière.

Un ancien agent de la GRC et du Service canadien du renseignement de sécurité, Michel Juneau-Katsuya, a cependant fait valoir aux membres du comité parlementaire que la relation entre M. Bernier et Mme Couillard n'avait plus rien de privée étant donné qu'elle touche à la sécurité nationale.

A la lumière des détails qui ont été rapportés par les médias ou dans les trois entrevues accordées par Mme Couillard depuis le début de toute cette affaire, l'expert en sécurité nationale croit que ces informations auraient porté n'importe quel enquêteur à fouiller beaucoup plus le dossier.

Envoyer Envoyer Imprimer Imprimer