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Journal de Québec: Péladeau cite en exemple le conflit chez Vidéotron

Économie | Jeudi 26 jun 2008 | 18:57

Journal de Québec: Péladeau cite en exemple le conflit chez Vidéotron

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Par Sylvain Larocque, LA PRESSE CANADIENNE

MONTREAL - Que les employés du Journal de Québec se le tiennent pour dit: s'il n'en tient qu'à Pierre Karl Péladeau, le lock-out ne sera levé qu'après l'obtention d'importantes concessions syndicales.

Le président et chef de la direction de Quebecor (TSX:QBR.B) a profité de l'assemblée annuelle des actionnaires de la société, jeudi à Montréal, pour défendre la position patronale dans ce conflit qui s'étire depuis 14 mois.

Question de démontrer sa détermination, il a évoqué la grève des techniciens de Vidéotron, en 2002-03, qui s'est soldée par un allongement de la semaine de travail, un gel salarial, l'élimination de 268 postes et un accroissement de la sous-traitance.

Depuis, Vidéotron est devenue la véritable vache à lait de Quebecor, ses profits d'exploitation représentant les deux tiers de ceux du conglomérat. Ses revenus et ses bénéfices d'exploitation ont doublé entre 2003 et 2007.

"Quand on voit aujourd'hui à quel point Vidéotron est devenue une entreprise performante (...), il est certainement légitime de se demander s'il n'aurait pas été plus logique pour les dirigeants syndicaux de l'époque d'accepter de discuter des véritables enjeux (...) plutôt que de précipiter nos milliers d'employés dans un combat pour le maintien d'une réalité qui avait disparu depuis belle lurette", a lâché M. Péladeau devant les actionnaires.

A l'instar du secteur de la câblodistribution au tournant des années 2000, c'est aujourd'hui l'industrie des médias écrits qui fait face à une "crise", a plaidé M. Péladeau, énumérant les suppressions d'emplois annoncées par les grands groupes de presse nord-américains, ces derniers mois.

Il faut donc éliminer "les dépenses inutiles" et centraliser certains services, tout en améliorant le contenu des sites web et des autres plateformes multimédia, vu le déplacement des dépenses publicitaires, a-t-il martelé.

Quebecor demande notamment aux employés de bureau et de la rédaction du Journal de Québec d'abandonner la semaine de travail de quatre jours et d'être plus flexibles en ce qui a trait à l'utilisation de leur travail par les sites web de l'entreprise.

"Les postes redondants comme ceux des réviseurs de textes, déjà révisés ad nauseam, n'ont plus leur place", a soutenu Pierre Karl Péladeau.

Clivage Québec-Canada

Le grand patron de Quebecor s'est étonné que les employés québécois n'aient pas aussi bien réagi à cette transformation, baptisée "Convergence 2.0", que leurs collègues du reste du Canada.

Là-bas, les journalistes et les photographes des journaux de Sun Media sont équipés de caméras vidéo "et ne se contentent plus d'un calepin de notes et d'un magnétophone pour couvrir les événements", a-t-il lancé. Résultat: l'achalandage des sites web de Quebecor en anglais aurait connu une "augmentation phénoménale".

"Il nous incombe de procéder ici au Québec, comme nous le faisons ailleurs au Canada, à la modernisation de nos processus de travail et à la réduction de dépenses extravagantes qui découlent de conventions collectives conçues à une autre époque", a affirmé M. Péladeau, avant d'ajouter: "nous ne reculerons pas".

Du même souffle, le dirigeant a dit vouloir "tendre la main" aux employés des quotidiens québécois de Quebecor. "C'est en tout respect que je les invite à mettre fin à des combats d'arrière-garde qui ne mèneront à rien d'autre qu'à l'atrophie de nos grandes salles de rédaction", a-t-il dit.

Les négociations entre le Journal de Québec et les syndiqués ont repris mercredi à la demande du conciliateur Jean Poirier.

Pierre Karl Péladeau s'est par ailleurs permis de critiquer l'entente conclue récemment entre Gesca, une filiale de Power Corporation (TSX:POW), et ses employés, qui balise le travail destiné aux sites web du groupe. Gesca "est le seul à agir ainsi" en Amérique du Nord, a-t-il glissé, allant jusqu'à s'en prendre à la décision de Power de ne pas dévoiler publiquement les états financiers de sa filiale.

Concernant le projet de Vidéotron de se doter d'un réseau de téléphonie cellulaire de troisième génération, M. Péladeau s'est montré circonspect, sinon pour dire aux actionnaires de Quebecor: "vous ne serez pas déçus".

Quelques dizaines d'employés du Journal de Québec et de représentants du Syndicat canadien de la fonction publique, qui les représente, ont manifesté jeudi devant les locaux de TVA, où se déroulait l'assemblée de Quebecor. Ils ont notamment hué Pierre Karl Péladeau.

Le titre de Quebecor a clôturé jeudi à 29,21 $, en baisse de 1,8 pour cent, à la Bourse de Toronto.

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