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![]() Photo: Les bandits armés shiites patrouillent les rues dimanche à Chouweifat, près de Beyrouth. THE ASSOCIATED PRESS/Hussein MallaInternational | Dimanche 11 mai 2008 | 21:56Liban: retour au calme à Beyrouth, combats dans le nord et le centre |
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Par Bassem Mroué, ASSOCIATED PRESS
BEYROUTH - Après quatre jours d'affrontements entre chiites et sunnites, Beyrouth est restée calme dimanche mais d'intenses combats ont opposé les partisans du gouvernement anti-syrien à l'opposition emmenée par le Hezbollah dans le nord et le centre du Liban.Réunis d'urgence au Caire à la demande de l'Egypte et de l'Arabie saoudite, deux poids lourds sunnites, les ministre des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont appelé dimanche les miliciens du Hezbollah chiite à se retirer de Beyrouth-Ouest et à laisser l'armée libanaise rétablir l'ordre dans le pays. Ils ont par ailleurs annoncé l'envoi au Liban d'une délégation dans le but d'arracher un accord entre les belligérants.
Exhortant le Liban à "faire cesser immédiatement la violence" dans leur déclaration finale, les ministres envisageaient aussi de relancer le plan de la Ligue arabe qui prévoit l'élection à la présidence toujours vacante du pays du commandant en chef de l'armée libanaise Michel Sleimane, seul candidat faisant l'objet d'un consensus.
Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, a annoncé qu'une délégation emmenée par le Premier ministre qatari Hamad bin Jassim al-Thani -un allié de la Syrie qui entretient de bonnes relations avec le Hezbollah-, s'envolerait bientôt pour le Liban sans toutefois préciser quand.
Sur le terrain, des combats entre partisans pro-gouvernementaux du chef druze Walid Joumblatt et miliciens chiites ont éclaté en début d'après-midi dans la ville montagneuse d'Aytat, à proximité du Mont Liban, selon les services de sécurité. Ils se sont ensuite propagés aux localités de Kayfoun, Qamatiyeh, Bchamoun et Chouweifat.
Joumblatt a réclamé un cessez-le-feu et l'intervention de l'armée après ces échanges à l'arme lourde qui faisaient suite à des accrochages au cours desquels les druzes auraient tué deux combattants chiites et enlevé un troisième. Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat.
Dans le même temps, le calme régnait dans les quartiers musulmans de Beyrouth (centre-ouest), après quatre jours de violences entre sunnites et chiites dans l'ouest de la capitale. Mais de nombreuses grandes routes, y compris celle menant à l'unique aéroport international, étaient toujours barrées par des empilages de sacs de sable réalisés par l'opposition, qui comptait poursuivre sa campagne de "désobéissance civile" jusqu'à satisfaction de ses exigences.
Si la capitale a retrouvé un semblant de vie normale, des heurts violents se sont produits dans la ville côtière de Tripoli, où des militants anti-syriens ont tiré à la grenade et à la mitrailleuse lourde contre des opposants dans un autre quartier.
Les combats ont gagné en intensité au fil des heures puis la situation s'est apaisée lorsque les troupes libanaises ont commencé à se déployer entre les deux camps. Une femme a été tuée, portant à 38 morts le bilan global de cinq jours d'affrontements, les pires violences depuis la guerre civile de 1975-90.
Dans la vallée de la Bekaa (est), des accrochages entre les deux camps ont aussi été signalés. Des partisans du gouvernement continuaient de barrer la route conduisant au principal poste-frontière avec la Syrie, en réponse au barrage de l'accès à l'aéroport.
A la mi-journée, le Premier ministre Fouad Siniora et plusieurs membres de son entourage ont respecté un moment de silence à la mémoire des victimes des violences des derniers jours. Selon un responsable, le gouvernement devrait se réunir d'ici deux jours pour "discuter des possibles sorties de crise".
Au lendemain de l'allocution de M. Siniora, l'armée a appelé les groupes armés à quitter Beyrouth et rouvrir les routes. Elle a également annoncé que le chef de la sécurité de l'aéroport, limogé car soupçonné d'être proche du Parti du Dieu, conserverait son poste, et a recommandé au gouvernement de revenir sur sa décision de déclarer illégal le système de communications indépendant du Hezbollah.
Ces deux sujets étaient à l'origine de la tournure violente prise par la crise politique. La plupart des miliciens du Hezbollah se sont retirés après l'appel de l'armée, ne laissant qu'une poignée d'alliés armés dans les rues.
Le pape Benoît XVI a exhorté dimanche les parties libanaises à un "compromis raisonnable" pour mettre fin à l'escalade en cours.
En France, le président de la République qui s'est entretenu dimanche soir par téléphone avec le Premier ministre libanais Fouad Siniora et avec le roi Abdallah d'Arabie saoudite, a condamné "fermement toutes les actions armées commises ces derniers jours au Liban et ceux qui en ont pris l'initiative". Dans un communiqué, l'Elysée a appelé "à la cessation sans condition des violences", condamnant "toute ingérence étrangère au Liban". Nicolas Sarkozy réaffirme par ailleurs "le soutien de la France au Liban", à son "gouvernement légitime" et à "ses institutions en charge de la sécurité" qui doivent, insiste-t-il, "disposer du monopole de l'usage de la force".
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a quant à lui déploré le "coup de force" du Hezbollah. "Nous n'allons pas rester inactifs", a-t-il assuré sur France Inter, sans donner plus de précisions.
"La situation est quand même pour nos amis libanais (...) une situation extrêmement dangereuse", a-t-il souligné. "Cela peut dégénérer plus gravement encore" et "il faut intervenir pour rétablir le dialogue national. La solution ne peut être que politique".
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