![]() Photo: Jacques BoissinotNational | Samedi 09 fév 2008 | 15:41Mario Dumont est finalement reçu par le premier ministre français |
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Par Michel Dolbec, LA PRESSE CANADIENNE
PARIS - Soutenu par Jean-Pierre Raffarin et peut-être même par Jean Charest, le chef de l'Opposition, Mario Dumont, a finalement été reçu par le premier ministre François Fillon samedi à l'Hôtel Matignon, la résidence officielle du chef du gouvernement français. L'entretien a duré 45 minutes et a été qualifié de "très chaleureux" par Mario Dumont. "Ma visite était déjà une réussite. Avec cette rencontre, elle est un vif succès", a-t-il déclaré.
Au terme d'une visite de cinq jours en France, Mario Dumont et son entourage avaient fait une croix sur cette rencontre, qui n'avait jamais figuré au programme. Ce n'est que vendredi soir vers 23h00 que Matignon, faisant volte-face, leur a fait savoir que François Fillon, de retour du Kazakhstan pendant la nuit, s'entretiendrait avec l'élu québécois le lendemain matin.
Le contraire aurait constitué un précédent dans les relations franco-québécoises, Matignon ayant toujours ouvert sa porte dans le passé aux chefs de l'Opposition québécoise, de Jacques Parizeau à Jean Charest en passant par André Boisclair.
Mario Dumont affirme qu'il a "discrètement" plaidé sa cause tout au long des 25 rendez-vous qu'il a eus pendant la semaine, tandis que la "Délégation générale poursuivait ses efforts".
"On n'était pas là pour faire des esclandres, a-t-il répété. Il n'était pas question pour nous d'utiliser la place publique pour mettre de la pression. Je n'avais pas le goût de le faire, ce n'est pas mon style. On était là pour nouer des amitiés avec des gens comme Jean-Pierre Raffarin et Philippe Séguin."
A l'évidence, l'ancien premier ministre français, comme il l'avait promis en début en milieu de semaine, et le président de la Cour des comptes ont fait pression sur l'entourage de François Fillon. Mais ils ne sont pas les seuls à avoir plaidé la cause de Mario Dumont. Vendredi, par l'intermédiaire de Jean-Pierre Raffarin, le premier ministre Jean Charest, mettant l'épaule à la roue, a lui-même fait savoir à Matignon qu'il "tenait beaucoup" à ce que cette rencontre ait lieu, a-t-on appris de bonne source samedi à Paris.
Avec tout ça, le "précédent diplomatique" dont s'était indignée Louise Beaudoin en milieu de semaine dans un quotidien ne s'est pas produit, même s'il a été évité de justesse. Mario Dumont trouve "très bien" qu'il en soit ainsi, même s'il ne pense pas que l'ex-ministre péquiste ait influencé le cours des choses.
"Son rôle le plus grand, ça a été de tirer dans toutes les directions pour essayer d'apparaître dans le firmament, comme une étoile filante, a jugé le chef adéquiste. Mais je ne crois pas qu'elle ait eu un rôle fondamental et concret dans ce qui s'est passé dans ma visite cette semaine."
Avec le premier ministre Fillon, le leader adéquiste a surtout parlé des "réformes concrètes" que la France de Nicolas Sarkozy veut engager et de celles que propose l'ADQ.
"Pour moi, rencontrer le premier ministre, c'était plus qu'une simple affaire de protocole, ou un automatisme au nom d'un tradition, a expliqué M. Dumont. C'est un homme de réforme. (...) J'ai le même genre d'objectifs. Je veux proposer un calendrier de réformes, l'implanter dans la vie des Québécois pour que le gouvernement fonctionne mieux."
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