National | Jeudi 29 mai 2008 | 19:56Le nettoyage des déversements de pétrole dans les eaux de l'Arctique est difficile |
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Par Bob Weber, LA PRESSE CANADIENNE
EDMONTON - Le nettoyage des déversements de pétrole dans les eaux glacées de l'Arctique est difficile pour l'industrie énergétique, selon une nouvelle étude.Ce rapport effectué pour le compte d'écologistes et de huit nations de l'Arctique est publié alors que les entreprises énergétiques ont jusqu'à lundi pour déposer leurs offres pour les droits d'exploitation dans la mer de Beaufort, située au nord du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest.
Bien que les méthodes de nettoyage soient maintenant plus efficaces, il resterait encore beaucoup de progrès à faire, selon le rapport. Même un déversement mineur peut se révéler désastreux pour l'Arctique, où une grande population de mammifères, de poissons et d'oiseaux partage de petits territoires.
"Les déversements sous la glace ou dans des eaux glacées sont les plus difficiles, tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas être maîtrisés ou nettoyés efficacement avec les technologies récentes", peut-on lire dans le rapport du Conseil de l'Arctique.
Le prix du baril de pétrole, qui tourne autour de 130 $ US, a suscité l'intérêt des entreprises énergétiques pour les eaux de l'Arctique. L'entreprise Imperial Oil (TSX:IMO) et sa société soeur ExxonMobil Canada ont offert 585 millions $ en juillet dernier pour pouvoir explorer une partie du secteur du gaz naturel et du pétrole au large du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest.
Shell a quant à elle déboursé 2,1 millions $ en février dernier pour des concessions pétrolifères et gazières dans la mer de Tchoukotka, près de la Russie et de l'Alaska. L'entreprise avait déjà payé plus de 80 millions $ pour des concessions fédérales dans la mer de Beaufort.
Selon les calculs d'une agence américaine, les risques de déversements dépassent 20 pour cent pour la durée d'un projet. Ces risques augmentent par ailleurs en même temps que le nombre de projets.
Cependant, les techniques visant à nettoyer les déversements s'améliorent. Lors d'une conférence sur l'Arctique à Edmonton, jeudi, un consultant russe, Aleksey Ostrovskiy, a mentionné un type de bactérie qui se nourrit de pétrole dans des températures aussi basses que 5 C. M. Ostrovskiy admet toutefois que les eaux glacées de l'Arctique posent un problème, soulignant que la bactérie "n'est pas une panacée".
Le Fonds mondial pour la nature a demandé au gouvernement Harper de retarder la vente de concessions dans l'Arctique jusqu'à ce qu'un plan de gestion soit mis en place, comme l'ont fait d'autres pays. Un projet de loi a ainsi été déposé devant le congrès américain, visant à obliger les entreprises à prouver qu'elles pourraient nettoyer au moins 85 pour cent de n'importe quel déversement dans un délai de 30 jours, à n'importe quelle période de l'année.
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