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International | Mardi 18 mar 2008 | 15:35Le PM irakien prône la réconciliation lors d'une conférence inter-communautaire |
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Par Qassim Abdul-Zahra, ASSOCIATED PRESS--
BAGDAD - Parallèlement à la visite du vice-président américain Dick Cheney en Irak, le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki a ouvert mardi à Bagdad une conférence nationale destinée à réconcilier les différentes communautés religieuses du pays. Mais le principal bloc sunnite du pays a boycotté la réunion, signe des profondes divisions auxquelles l'Irak doit encore faire face.Cette conférence a débuté au lendemain d'un attentat-suicide visant un groupe de fidèles chiites rassemblés près d'une mosquée dans la ville sainte de Kerbala, qui a fait au moins 50 morts, selon les autorités. Au total, au moins 79 Irakiens ont été tués lundi dans plusieurs attentats.
Dans son discours d'ouverture, Nouri al-Maliki a affirmé que la réconciliation n'avait pas pour but de nuire aux intérêts d'un groupe quelconque, mais qu'elle était "un bateau qui nous sauve et nous emmène en lieu sûr".
"Depuis le premier jour, nous avons dit que la réconciliation nationale n'est pas un slogan politique, mais une vision stratégique complète pour reconstruire l'Irak", a souligné le Premier ministre.
Un peu plus tard, lors d'une rencontre avec des journalistes, il a reconnu qu'il restait beaucoup à faire pour combler les divisions dans le pays.
Pour sa part, Saleem Abdullah, un porte-parole du Front de la concorde, principal groupe parlementaire sunnite, a annoncé que son groupe ne participerait pas aux débats tant que les parlementaires chiites ne répondraient pas à leurs demandes au niveau politique. "Comment pouvons-nous participer à une conférence de réconciliation?", s'est-il interrogé. "Il y a beaucoup de points qui ne sont pas encore satisfaits".
Le Front sunnite estime que M. Al-Maliki s'oppose à ses demandes, notamment la libération de détenus non inculpés de crimes spécifiques, le démantèlement de milites chiites, et à sa volonté de participer davantage aux décisions concernant les problèmes de sécurité.
Cette conférence intervient sur fond de visites en Irak du vice-président américain Dick Cheney et du sénateur John McCain.
Arrivé lundi, Dick Cheney s'est rendu mardi à Erbil, dans le nord du pays, pour rencontrer le dirigeant kurde Massoud Barzani, l'inciter à s'impliquer dans le processus de réconciliation nationale et à construire un partenariat avec les Etats-Unis. "Nous comptons sur le leadership du président Barzani pour nous aider à conclure une nouvelle relation stratégique entre les Etats-Unis et l'Irak", a-t-il notamment déclaré.
M. Barzani a qualifié pour sa part la visite de M. Cheney de "jour historique" pour le Kurdistan irakien.
John McCain a lui effectué une visite en Irak lundi pour s'entretenir avec des responsables diplomatiques et militaires irakiens et américains, avant de se rendre à Amman puis à Jérusalem. Le sénateur de l'Arizona, assuré d'être le candidat républicain à la présidentielle américaine en novembre, a déclaré mardi en Jordanie qu'un retrait rapide des troupes américaines en Irak serait une "erreur" qui pourrait bénéficier à l'Iran et à Al-Qaïda.
Dans un entretien accordé à l'Associated Press, le ministre irakien des Affaires étrangères Hoshyar Zebari, qui est kurde, a partagé cette opinion, affirmant qu'un retrait précipité des soldats américains serait "désastreux". Il a également estimé que son pays avait évité une guerre civile après cinq ans de "larmes et de sang".
"Ces cinq dernières années, je pense qu'elles étaient pleines d'espoir et de promesses, mais aussi de larmes et de sang (...) et nous sommes passés par une transformation très, très difficile", a-t-il jugé.
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