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Raul Castro, l'homme de l'ombre

International | Dimanche 24 fév 2008 | 14:51

Raul Castro, l'homme de l'ombre

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THE ASSOCIATED PRESS

LA HAVANE - Moins charismatique, mais plus idéologue que Fidel Castro, son frère Raul, qui devait vraisemblablement lui succéder dimanche à la présidence du Conseil d'Etat cubain, est longtemps resté dans l'ombre gigantesque de son aîné, même si beaucoup pensent qu'il a été sous-estimé.

Trois semaines après avoir pris le pouvoir en janvier 1959, Fidel Castro désignait déjà son frère cadet Raul comme son éventuel successeur, expliquant à ses partisans: "derrière moi, il y en d'autres plus radicaux que moi."

Raul Castro a milité dans les rangs communistes bien avant la Révolution de 1959 -et avant son frère aîné, qui n'a embrassé officiellement la cause du socialisme qu'en 1961.

Fidel Castro l'a successivement nommé ministre de la Défense, vice-Premier ministre, puis premier vice-président du Conseil d'Etat, instance dirigeante de Cuba.

Plus jeune de cinq ans que le Lider maximo, Raul, jusqu'à présent ministre de la Défense et numéro deux du régime, assure la réalité du pouvoir à Cuba depuis juillet 2006, Fidel Castro lui ayant confié à titre temporaire toutes ses prérogatives, pour raisons de santé.

Le Lider maximo a toujours su pouvoir compter sur son frère, le présentant comme son meilleur successeur: "Raul est plus jeune que moi, plus énergique que moi. Il peut compter sur plus de temps", expliquait-il en 1997 lors d'un congrès du Parti communiste cubain.

En tant que ministre de la Défense, Raul Castro a supervisé les campagnes militaires cubaines en Angola et en Ethiopie dans les années 70, puis la participation de l'armée au sauvetage de l'économie après l'effondrement de l'Union soviétique en 1991.

Plus grand que son frère, portant la moustache, Raul Castro restait habituellement dans l'ombre, dont il est brièvement sorti au moment de l'affaire Elian Gonzalez, ce petit Cubain rapatrié de Floride en 2000.

Orthodoxe sur le plan politique, il s'est montré plus pragmatique sur le plan économique, autorisant certaines réformes. L'armée a ainsi pu produire et vendre des produits agro-alimentaires hors des marchés d'Etat, tout en mettant sur pied un important groupe touristique, Gaviota.

Raul Castro, le ministre de la Défense à la plus importante longévité du monde, devrait pouvoir compter sur le soutien des militaires d'active ou à la retraite qui détiennent la réalité du pouvoir à Cuba, occupant depuis des décennies les plus importants échelons politiques et économiques du pays.

Même s'il n'a pas encore engagé les réformes qu'il a laissé entendre depuis qu'il assure l'intérim, les Cubains semblent espérer que son pragmatisme apporte des améliorations dans leur vie quotidienne. Ils ont apprécié la franchise avec laquelle il a reconnu que les salaires dans l'île étaient trop bas pour se procurer les produits de première nécessité même dans une société communiste où l'alimentation, le logement, l'éducation et la santé sont lourdement subventionnés. Ils ont souri et approuvé quand Raul Castro a critiqué avec colère les dirigeants qui avaient présenté des excuses pour un système de transport "au bord de l'effondrement".

S'il a cultivé, à l'instar de son frère Fidel, la diatribe contre Washington, il a également donné des signes d'ouverture, évoquant dans les années 60 sa volonté de discuter avec les Américains.

Côté américain, ses ouvertures ont été rejetées par l'administration Bush. Quand son frère aîné a annoncé mardi qu'il renonçait à la présidence, les responsables de Washington avait écarté toute possibilité d'une fin de l'embargo américain, évoquant un "Fidel light".

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