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Cheney accuse le Hamas de torpiller le processus de paix israélo-palestinien

International | Lundi 24 mar 2008 | 14:12

Cheney accuse le Hamas de torpiller le processus de paix israélo-palestinien

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Par Deb Reichmann, ASSOCIATED PRESS

JERUSALEM - Le vice-président américain Dick Cheney a accusé lundi le Hamas d'essayer de "torpiller" le processus de paix entre les Palestiniens et Israël, avec le soutien de la Syrie et de l'Iran.

Lors d'une rencontre avec des journalistes à l'issue d'un petit déjeuner avec le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, M. Cheney a reconnu que "c'est clairement une situation difficile" et a évoqué "des preuves que le Hamas est soutenu par l'Iran et la Syrie, et qu'il font tout ce qu'ils peuvent pour torpiller le processus de paix".


Pendant leur entretien, MM. Cheney et Olmert ont notamment discuté "du processus de paix et des menaces pour la sécurité régionale", selon le porte-parole du gouvernement israélien Mark Regev.


Dimanche, Dick Cheney s'est également entretenu avec des responsables palestiniens et a évoqué leur effort en cours au Yémen pour tenter une réconciliation entre le Hamas islamiste au pouvoir depuis juin dans la Bande de Gaza et le Fatah modéré du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Le Fatah ne contrôle plus que la Cisjordanie mais reste considéré comme le seul interlocuteur légitime par l'Etat hébreu et la communauté internationale.


"Ma conclusion, après en avoir parlé avec les Palestiniens, est qu'ils ont posé des conditions préalables à toute réconciliation, y compris une annulation totale de la prise de la Bande de Gaza par le Hamas", a-t-il commenté.


Un haut responsable gouvernemental américain voyageant avec le vice-président a rappelé sous le couvert de l'anonymat que les Etats-Unis avaient clairement exprimé leur refus de soutenir toute collaboration avec le Hamas tant qu'il ne changerait pas. Washington, comme l'Union européenne, considère le Mouvement de la résistance islamique comme une organisation terroriste.


Du côté israélien, un responsable ayant également requis l'anonymat a affirmé qu'Israël suspendrait les pourparlers avec Mahmoud Abbas si ce dernier se réconciliait avec le Hamas.


Le responsable américain cité plus haut accuse par ailleurs l'Iran et la Syrie d'avoir largement réapprovisionné le Hezbollah libanais, qui s'était battu avec Israël à l'été 2006, en armes de plus en plus sophistiquées pour ce qui est de la portée et de la précision.


Dick Cheney s'est inquiété quant à lui de la contrebande d'armes entre l'Egypte et la Bande de Gaza. "C'est toujours un problème. Tout cela alimente manifestement les tirs de roquettes sur Israël, menace le vie des Israéliens et évidemment rend difficile tout progrès que nous aimerions observer", a-t-il dit.


La veille, il a réaffirmé que les Etats-Unis restaient "fermement engagés" en faveur de la création d'un Etat Palestinien mais a prévenu que la paix entre Israéliens et Palestiniens nécessiterait d'accepter des concessions douloureuses de part et d'autre et de s'unir pour lutter contre ceux qui "ont fait le choix de la violence" -le Hamas. "Si toutes les parties concernées restent attelées à la tâche, ce sera un succès", a-t-il affirmé.


Le négociateur palestinien Saeb Erekat, proche du président Abbas, a salué, lui, le fait que M. Cheney ait rappelé l'attachement des Etats-Unis à la création d'un Etat palestinien indépendant.


Après sa rencontre avec Ehoud Olmert, Dick Cheney, qui achève une visite de dix jours dans la région, a gagné la Turquie pour des entretiens avec le président Abdullah Gul.


Le vice-président américain a passé la journée à Ankara et a aussi rencontré le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et Yasar Buyukanit, chef d'état-major des forces armées turques, qui ont récemment bouclé une incursion terrestre de huit jours dans le nord de l'Irak. L'armée s'en est prise à des bases utilisées par les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour lancer des attaques contre en Turquie.


Les Etats-Unis fournissent des renseignements sur le PKK à la Turquie, leur alliée au sein de l'OTAN, mais le président américain George W. Bush a exhorté Ankara à limiter au maximum ses incursions en Irak.

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